J'en ai tellement marre d'entendre des conneries sur les VE (véhicules électriques) que ce soit des influenceurs, des journalistes, ou des gens qui pensent tout savoir mieux que n'importe qui d'entre nous.
Si vous avez besoin d'information fiable sur les VE, c'est simple, demandez à ceux qui en possèdent, ou qui en ont possédé. Laissez de côté la politique du style "Elon Musk est un connard parce qu'il est riche".
Personnellement, j'ai fait mes calculs, et j’économise entre 2000 et 2500 euros chaque année. Ah oui, j'allais oublier, je flingue près de 90% des autres véhicules au démarrage. Et puis fini les embrayages, les courroies de distribution, les fuites d'huile, les plaquettes de frein, la hausse des prix du pétrole, l'attente aux stations quand les raffineries sont en grève, etc...
Dans ce tuto, nous parlerons de la réalité sans pub ni sponsor, et sans langue de bois. Je vous donnerai toutes les informations nécessaires, pour partir du bon pied avec un VE.
Nous évoquerons ici l'aspect uniquement électrique des VE, car pour le reste, c'est un véhicule avec les mêmes technologies embarquées que les véhicules thermiques (VT). Ce tuto est divisé en trois parties, dans lesquelles nous traiterons les sujets suivants :
Les bases de l'électricité.
La recharge.
L'autonomie.
Ça va faire un peu mal au cerveau mais c'est un passage obligé. Nous allons principalement parler du kW (kilowatt), ou du kWh (kilowattheure). Ces deux abréviations sont des unités de mesure électrique.
Prenons l'exemple de mon VE. Celui-ci a une batterie d'une capacité de 64kW. Si je veux le recharger de 0 à 100% avec une borne qui délivre 150kWh de puissance, il est possible de calculer combien de temps va durer ma recharge :
Durée : 64kW / 150kWh * 0,6 = 0h25min (en théorie).
En effectuant le calcul 64 / 150, le résultat est de 0,42. Cela correspond à un nombre décimal et non à un horaire. Pour convertir un nombre décimal en horaire, il faut le multiplier par 0,6. Nous obtenons ainsi le résultat final qui est de 0,25. Ce qui nous donne : 0h25min.
Mais alors, j'ai tout intérêt à recharger sur les bornes les plus puissantes ? Eh bien oui et non, car cela ne dépend pas uniquement de la borne. Il y aussi ce que le VE peut tolérer en termes de puissance. Allez, on passe à la partie recharge.
Nous avons deux choix pour recharger notre VE :
Le domicile avec une borne dédiée au particulier de type "Wallbox", avec une puissance de 7,2 à 11kWh (AC basse tension).
La voie publique avec des chargeurs, ou supers-chargeurs qui ont une puissance de 20 à 300kWh (DC haute tension).
Pour ma part, je pense qu'il n'est pas rentable pour un particulier, de posséder un VE sans avoir une borne à domicile. En effet, les tarifs restent encore assez élevés pour prétendre faire des économies. Maintenant que nous connaissons ces deux choix, c'est quoi la différence ?
Nous avons vu précédemment que le temps de charge ne dépendait pas seulement de la borne, mais aussi des caractéristiques techniques du VE. Les domiciles des particuliers sont principalement équipés d'un courant alternatif (AC basse tension). Alors que les chargeurs ou supers-chargeurs sur les voies publiques, sont majoritairement équipés d'un courant continu (DC haute tension).
Reprenons l'exemple de mon VE. Il peut accepter une recharge de 11kWh en AC (domicile), et de 150kWh en DC (super-chargeur). Par conséquent, même si je banche mon VE sur un super-chargeur de 300kWh, je ne dépasserai jamais les 150kWh, compte tenu des caractéristiques techniques de mon VE. Cependant, cela reste totalement transparent pour l'utilisateur. Branchez-vous simplement aux bornes les plus puissantes, et laissez votre VE gérer la charge.
A partir de ces données, nous pouvons maintenant calculer le temps ainsi que le coût, des différentes options de recharge que nous avons à notre disposition. A titre personnel, j'ai une borne de marque "Wallbox" d'une puissance de 7,2 kWh à mon domicile. Je l'ai programmée en wifi pour qu'elle charge de 22h30 à 6h30 pour bénéficier du tarif le plus avantageux. Elle possède également une fonction appelée "délestage", qui permet de rediriger la puissance non utilisée de mon domicile, vers ma borne sans faire disjoncter mon compteur.
Je suis abonné chez EDF en tarif bleu avec l'option heures creuses. Le prix du kW en heures creuses est de 0,1579 euros. Calculons maintenant la durée de recharge de mon VE, ainsi que son prix toujours de 0 à 100% :
Durée : 64kW / 7,2kWh * 0,6 = 5h48min (en théorie).
Prix : 64kW * 0,1579 = 10,10 euros (ça fait rêver non).
5h48min cela peut paraitre long, mais pendant ce temps, je dors. Ce n'est pas du temps de perdu, mais du temps que je gagne, car cela m’évite un détour pour aller faire mon plein à la station essence. Cela fait sept ans que je n'ai pas mis les pieds dans une station essence, et je n'y retournerai plus jamais de ma vie.
Voici à quoi ressemble un super-chargeur. Leur puissance varie de 50 à 300kWh voir plus avec les nouvelles générations qui arrivent. C'est ce type de chargeur qu'il faut utiliser sur des grands trajets, et non des chargeurs de 22kWh comme les imbéciles de journalistes sur TF1...
Surtout qu'aujourd'hui, il existe des multitudes d'applis pour vous guider tout au long de votre trajet, ce qui vous laisse peu de chance de tomber en panne sèche.
Il va sans dire que les supers-chargeurs ne sont pas au même prix que les bornes à domicile. Prenons comme exemple un coût de recharge à 0,55 euros le kW pour mon VE toujours de 0 à 100% :
Prix : 64kW * 0,55 = 35,20 euros (ah là, ça fait moins rêver).
Mais cela n'arrive qu'une dizaine de fois dans l'année. Et puis soyons honnête, cela revient quand même environ deux fois moins cher qu'un plein d'essence...
C'est là que le choix de son VE s’avère déterminant. En effet, celui-ci est très sensible au froid. En tout cas plus sensible que le VT. La consommation d'un VT s'exprime en L/100km, alors que celle d'un VE s'exprime en kWh/100km. Autrement dit, mon VE consomme environ 15kWh/100km en été, ce qui nous donne le résultat suivant :
Autonomie : 64kW / 15kWh * 100km = 426km (en théorie).
Par contre, la consommation d'un VE augmente de manière significative en hiver, notamment quand les températures sont proches de 0°. Personnellement, je tourne autour des 20kWh/100km, ce qui a pour effet de réduire drastiquement le nombre de km parcouru :
Autonomie : 64kW / 20kWh * 100km = 320km (en théorie).
Il est également important de rappeler que la courbe de recharge sur un super-chargeur n'est pas constante (à fortiori en hiver). Celle-ci démarre généralement très fort (150kWh), puis à tendance à diminuer (20 kWh) au fur et à mesure que votre batterie se remplie. C'est pour cette raison que pour nos calculs, j'ai rajouté "en théorie". Et par pitié, n'attendez pas d'arriver à 100% quand vous utilisez des chargeurs sur la voie publique. Déjà parce qu'il y a peut-être d'autres personnes qui attendent, et surtout, ce n'est pas recommandé pour votre batterie. D’après les dernières études réalisées, la meilleure plage pour recharger une batterie se situe entre 10 et 80%, que ce soit pour les batteries NMC ou LFP.
Vous l'aurez compris, il est important de bien choisir son VE dès le départ, afin d’éviter les déconvenues pendant l'hiver. Cela dit, je n'ai jamais ressenti une baisse de mon autonomie en été, ce qui est plutôt surprenant puisque la climatisation tourne à plein régime. Pour éviter de faire des calculs savants afin de connaitre son autonomie, Il existe la norme européenne WLTP. Selon moi, et mon entourage, c'est une norme qui est assez fiable dans l'ensemble. Pour mon VE, la norme WLTP m'annonce une autonomie de 450km, ce qui reste assez proche de la réalité (en été).
Pour conclure, si vous décidez d’acquérir un VE pour vos trajets de tous les jours, pas de problème. Si au contraire vous êtes un baroudeur invétéré, et aimez passer vos vacances dans le sud de la France, mieux vaut partir sur une base supérieure à 500km d'autonomie WLTP.
C'est la fin de ce tuto, en espérant que cela vous aura aidé à mieux comprendre les subtilités du VE. Peut-être même qu’un jour, nous nous retrouverons sans le savoir sur une aire de recharge, pour parler des nouvelles technologies à venir, qui sait...